Travailleurs de la santé, mais épuisé.

Il est six heures, je viens tout juste de rentrer travailler et je vois déjà qu’il manque deux personnes se soir. J’ai un de mes usagers déjà debout qui attend patiemment que je lui fasse son petit déjeuner pendant que moi je culpabilise parce que c’est le huitième en ligne que je ne suis pas là pour mes petits. J’ai passé la nuit debout à cause des maux de dents de ma fille, mais je l’ai caché entre deux couches de maquillage. Je fais de l’anxiété juste à savoir que je ne pourrai pas être chez moi ce soir. Ça ne veut pas dire que c’est rendu à mon tour , mais si je me fis au personnel aujourd’hui qui sont déjà scéduler en double, je ne suis pas bonne en math , mais le calcul se fait assez facilement. Je garde mon beau sourire et ma bonne humeur, parce que même si je me mets à brailler que je suis fatigué on l’est tous. J’ai passé plus de temps ici avec mes collègues que ma famille, mon conjoint pense que je suis rendu une simple coloc, pis mes p’tits eux, je ne veux même pas en parler. Quand j’arrive enfin à prendre une pause, je vois sur Facebook défiler tous les commentaires les plus stupides les uns que les autres. ‘’ C’était à toi de changer de job’’ j’ai juste envie de leurs répondre : J’aime mon travail, mais je suis épuisée chaque jour que je rentre travailler je retrouve mes usagers sourire aux lèvres. Mes collègues sont devenus une famille, c’est vrai que j’y passe plus de temps qu’à la maison. Ce métier-là, ça ne se choisit pas. Je te dirais plus que c’est une vocation. On a des conditions médiocres, on fait des heures de fou. On brule la chandelle des deux bouts. Je suis épuisée de voir ma collègue pleurer parce que c’est son troisième TSO cette semaine pis que ce soir c’était son soir avec ses enfants. Je la vois,la courageuse. Elle relève sa tête, sèche ses larmes en replaçant son uniforme et viens nous porter main forte. Sauf que derrière ses larmes , je le sais que c’est la prochaine a tombé, pis le pire dans tout ça c’est que je reste la en sachant très bien que mon tour s’en vient , mais que veux-tu ? Le problème ne vient pas de Monique qui a besoin de son gavage six fois par jour. Ni même de Ginette qui a de l’incontinence. Tu vas peut-être rire, mais j’aime ça. Le problème vient d’en haut. je ne suis qu’un numéro et quand le mien va tomber, un autre arrivera… pendant ce temps-là. J’essaie de faire une petite différence dans vie de Monique , pis de Pierre-Jean et jaques.


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